Le contexte
Après dix ans en salle et en cuisine, une restauratrice saisit l’occasion de reprendre un restaurant de 45 couverts à Montpellier, dont le propriétaire part à la retraite. Un bon emplacement, une clientèle fidèle, mais des comptes tenus a minima et un prix de cession à justifier auprès de la banque.
Elle nous a contactés avec une lettre d’intention signée, trois bilans photocopiés et six semaines pour boucler son financement.
Les problématiques
Le projet cumulait plusieurs points de vigilance :
- Un prix de cession fixé sur le chiffre d’affaires, sans analyse de la rentabilité réelle
- Aucun prévisionnel pour convaincre la banque et calibrer l’apport
- Un choix de statut juridique à faire vite, aux conséquences fiscales et sociales durables
- Un bail et des contrats fournisseurs à reprendre sans audit préalable
- Une première année à sécuriser, avec la TVA et les charges sociales propres à la restauration
Notre intervention
Dans le cadre de notre accompagnement à la reprise d’entreprise, nous avons suivi la repreneuse de l’audit d’acquisition jusqu’à la clôture de son premier exercice, en trois étapes.
1. Acquérir au bon prix
- Retraitement des trois derniers bilans : rémunération du cédant, charges exceptionnelles, loyers, véhicules
- Analyse des marges et des charges fixes pour mesurer la rentabilité réelle
- Valorisation documentée, qui sert de base à la discussion avec le cédant
2. Financer le projet
- Business plan et prévisionnel de trésorerie sur 36 mois pour le dossier bancaire
- Calibrage de l’apport et du montant d’emprunt
- Choix du statut juridique, avec création de la société et formalités
3. Démarrer avec un pilotage clair
- Comptabilité en ligne connectée à la caisse et à la banque dès l’ouverture
- Renégociation des principaux contrats fournisseurs
- Point trimestriel la première année pour suivre les écarts avec le prévisionnel
Les résultats
Le restaurant a rouvert dans les délais, avec un financement sécurisé et une gestion lisible dès le premier service.
180 k€
de financement bancaire obtenu
-12 %
sur le prix de cession après valorisation documentée
+22 %
de marge brute après renégociation des fournisseurs
1 point trimestriel
pour piloter le business plan
Une reprise préparée plutôt que subie
La valorisation documentée a permis de renégocier le prix de cession et de réduire d’autant l’emprunt. Le prévisionnel, construit sur les vrais chiffres de l’établissement, a rassuré la banque et donné une feuille de route pour les premiers mois.
Aujourd’hui, la gérante connaît son point mort par service, suit sa marge brute chaque mois et prépare l’ouverture d’une terrasse avec un budget validé.
La bonne pratique
Avant de signer une reprise, faites retraiter les bilans du cédant : rémunération du dirigeant, charges exceptionnelles, loyers, véhicules. La rentabilité réelle est souvent très différente du résultat affiché, et c’est elle qui doit fixer le prix.
Ce qu’en dit la dirigeante
“J'avais le savoir-faire en cuisine, pas les chiffres. On m'a aidée à comprendre ce que valait vraiment le restaurant avant de signer, puis à préparer mon dossier pour la banque. Un an après, je sais où j'en suis à chaque service.”
